Le budget que le Conseil administratif nous présente pour la prochaine année est équilibré. Nous sommes conscients du fait que la Conseil administratif a fait un effort louable de réduire les dépenses futures dans les dicastères – d’environ CHF 1.5 million – là où c’était possible sans nuire à la qualité des services au public. Le spectre du relèvement d’un centime additionnel a pu être évité également grâce à la donation d’une maison par un citoyen à la Ville de Carouge. En même temps c’est une proposition de budget qui, grâce à des recettes en augmentation, permettrait à l’administration de renforcer et réorganiser la gestion dans des domaines clé par la création de nouveaux postes.

Nous avons analysé chacun de ces postes et nous sommes arrivés à la conclusion qu’ils étaient bien justifiés par la recherche de plus d’efficacité dans la gestion. Il est urgent, par exemple, de renforcer le Service de la construction et des sports qui fait face à des investissements publics et privés en forte croissance, doit assurer un entretien plus efficace de l’ensemble des bâtiments publics et mettre en œuvre une politique plus ambitieuse d’efficacité énergétique des bâtiments publics et privés. L’exemple le plus criant du manque de capacité est le retard accumulé de 1.5 ans dans la construction d’une nouvelle piscine à la Fontenette.

Les partis de droite exigent de couper ou de réduire un nombre de postes proposés par le Conseil administratif. C’est favoriser une gestion lente et par conséquent coûteuse des investissements publics et privés. C’est aussi prendre le risque, comme dans le cas des manifestations publiques, d’être débordé par des demandes d’autorisation et ne pas pouvoir surveiller d’une manière adéquate ces manifestations. Une telle politique est myope et contreproductive et par conséquent contraire aux intérêts des habitants de Carouge. Cependant, pour éviter des débats stériles et sauver d’autres parties du budget que nous considérons également comme prioritaires, nous sommes d’accord de nous abstenir par rapport à la coupure de ces postes.

Bien sûr, chaque création de postes doit être amplement justifiée par la recherche d’efficacité. Dans ce sens, nous sommes d’accord avec la nouvelle pratique du Conseil administratif d’évaluer dans chaque nouveau projet majeur le besoin implicite de personnel à engager et de services à contracter.

Avant les négociations avec les autres partis nous avons demandé de rétablir l’aide aux pays en développement, coupée dans la proposition du Conseil administratif de CHF 179’200, à son niveau consacré de 1% de nos dépenses. Nous refusons de soumettre notre contribution à lutter contre la pauvreté dans le monde à la logique d’efficacité et de réduction de coût que nous appliquons aux services à la population de Carouge. L’APED c’est des dépenses d’une autre nature. Elle correspond à notre éthique de solidarité et d’ouverture au monde, la même qui doit animer notre politique par rapport aux réfugiés politiques. Nous veillons par notre Commission extra-parlementaire d’aide au développement à la bonne utilisation de ces ressources et faisons aussi une contribution à l’image de Carouge et de la Genève internationale – publique et privée – qui, par ailleurs, est le poumon de notre économie cantonale. Nous sommes par conséquent soulagé qu’une majorité paraît se dégager au Conseil administratif pour rétablir CHF 100’000 de la coupure initiale.

Nous avons demandé également de créer un poste de délégué pour l’efficacité énergétique dans la Ville de Carouge. C’est un moyen d’accélérer le processus de réduction des émissions fossiles et de la consommation d’énergie dans lequel Carouge s’est engagé. La petite étude faite par le Conseil administratif sur l’expérience d’autres communes genevoises indique qu’une telle fonction, si elle s’inspire du rythme rapide d’innovation dans ce domaine, peut conduire à des investissements dans la durabilité et une efficacité accrue de la gestion, ce qui allègera les dépenses publiques et privées bien au-delà du coût de cette fonction. Nous espérons toujours, comme les Verts, que quelques-uns de nos collègues dans les autres partis écarteront des considérations doctrinaires et feront parler la raison.

Pour la première fois nous pouvons compter cette année sur une projection financière jusqu’à 2020. Qu’est-ce qu’elle nous dit sur l’avenir de nos finances communales ? C’est surtout les coûts de fonctionnement liés au nouvel EVE des Menuisiers, la croissance forte du financement public mutualisé avec les autres communes – la péréquation – et les dépenses accrues pour le personnel, bien que modérées, qui expliquent une montée conséquente des charges entre 2017 et 2020. Il nous faudra s’habituer à l’idée qu’à partir de 2018 une augmentation modérée des centimes additionnels sera essentielle pour maintenir des comptes équilibrés dans une situation de forte croissance des services de la Ville à ces habitants. Ces calculs font abstraction à juste titre de la réduction des revenus à attendre de la réforme de l’impôt des entreprises (RIE III) puisque cette réforme est en pleine négociation. C’est d’autant plus important d’arriver dans l’avenir à des compromis négociés entre tous les partis, comme nous avons donné l’exemple cette année.

Matthias Meyer

Conseiller Municipal